Ces dernières semaines, plusieurs livreurs à moto travaillant pour des plateformes comme Yango ont été victimes d’agressions dans le district d’Abidjan, certaines d’une extrême gravité. Le phénomène a suffisamment pris d’ampleur pour que le Procureur de la République évoque publiquement une recrudescence des agressions visant les personnes circulant à moto, notamment les chauffeurs de deux-roues.
Un métier exposé, surtout la nuit
Les livreurs et chauffeurs VTC à moto partagent une même vulnérabilité : ils circulent souvent seuls, parfois tard dans la nuit, avec un téléphone, une recette du jour et un véhicule qui peut être revendu — autant de choses qui attirent les malfaiteurs. Plusieurs affaires récentes ont impliqué de faux clients ou des embuscades tendues sur des axes peu fréquentés, un mode opératoire qui revient régulièrement.
Les autorités ont réagi fermement : la justice a récemment prononcé des peines particulièrement lourdes contre des auteurs d’agressions ayant entraîné la mort d’un homme, et le Parquet a averti qu’il répondrait avec « la plus grande fermeté » à ce type de criminalité. Mais en attendant que la réponse judiciaire fasse pleinement son effet dissuasif, la prévention individuelle reste la meilleure protection au quotidien.
Les réflexes qui font la différence
Privilégier les zones éclairées et fréquentées. Éviter autant que possible les raccourcis par des rues désertes ou mal éclairées, surtout après 22 h-23 h, même si le trajet est plus long.
Rester joignable et localisable. Garder le partage de position actif pendant les courses de nuit, que ce soit via l’application de la plateforme ou avec un proche, permet une intervention plus rapide en cas de problème.
Se méfier des commandes ou courses inhabituelles. Une adresse isolée, un client insistant pour un point de rendez-vous hors zone habituelle, ou une demande de paiement en liquide pour un gros montant sont des signaux à prendre au sérieux.
Éviter d’exhiber la recette du jour. Ranger l’argent liquide hors de vue, et privilégier au maximum les paiements mobiles ou par carte quand la plateforme le permet.
Signaler tout comportement suspect. Les plateformes disposent généralement d’un support d’urgence ; les signalements aident aussi à repérer les zones à risque pour l’ensemble des livreurs.
Le rôle des plateformes et des autorités
Au-delà des réflexes individuels, la sécurité des livreurs à deux-roues est aussi une responsabilité partagée. Les plateformes de VTC et de livraison peuvent renforcer la vérification des comptes clients, améliorer le suivi géolocalisé des courses de nuit, et faciliter les canaux d’alerte rapide. Du côté des autorités, le renforcement de la présence policière sur les axes identifiés comme sensibles, notamment dans certaines communes d’Abidjan, reste une demande récurrente des associations de chauffeurs.
Un sujet qui concerne toute la communauté des deux-roues
Ce climat d’insécurité ne touche pas que les livreurs professionnels : tout conducteur de moto ou de scooter à Abidjan, notamment de nuit, a intérêt à adopter les mêmes précautions de base. La vigilance collective, combinée à une réponse judiciaire plus dissuasive, est aujourd’hui présentée par les autorités comme la clé pour inverser cette tendance.

